Find a Luthier
Find the right luthier for your instrument
Search the global directory
- {{ listingType.name }}
- prev
- next
Find a Luthier
Au départ, il y avait une guitare.
Et un sillet cassé.
Après un déménagement de Paris à Nancy, il fallait simplement trouver quelqu’un à qui la confier. Pendant près de trente ans, mes guitares étaient passées entre les mains des mêmes luthiers. Des artisans devenus — avec le temps — bien davantage que ceux à qui l’on apporte un instrument lorsqu’il faut le régler, le réparer ou lui redonner une voix.
Changer de ville signifiait aussi trouver d’autres mains.
C’est ainsi que je suis entré un jour dans un nouvel atelier.
Je pensais y apporter une guitare.
J’y ai découvert un homme, un métier et, peu à peu, une réalité que je connaissais finalement assez mal.
Celle de ces artisans capables de passer des jours, des semaines, parfois des mois sur un instrument. De choisir un bois, chercher un équilibre, recommencer un détail presque invisible, écouter ce que la matière accepte de devenir.
Et puis, derrière cette exigence, une autre réalité.
Celle d’un métier magnifique où celui qui fabrique et celui qui cherche ne parviennent pas toujours à se rencontrer.
Alors une idée est apparue…
Créer un endroit qui leur permettrait de se trouver.
Pas seulement dans une ville. Pas seulement dans un pays.
Partout.
Pendant huit mois, cette idée a occupé mes journées, mes nuits et probablement une bonne partie de ce qu’il restait entre les deux.
Il fallait tout construire.
Le site, bien sûr.
Mais aussi imaginer comment présenter les ateliers, les instruments, les savoir-faire. Comment permettre à un musicien, quelque part dans le monde, de découvrir un artisan dont il ignorait peut-être jusqu’à l’existence quelques minutes auparavant.
Le 18 juin 2020, Luthiers.com est devenu réel.
Puis la carte a commencé à se remplir.
Un point ici. Quelques-uns là. Puis des dizaines. Des centaines. L’Europe. L’Amérique du Nord. L’Amérique du Sud. L’Asie. L’Australie. L’Afrique. Derrière chacun de ces points, il y avait un atelier.
Et derrière chaque atelier…
Quelqu’un.
Au fil des années, des milliers de personnes ont créé un compte. Des luthiers sont arrivés de pays dont je ne connaissais parfois que le nom. Des instruments que je n’avais jamais vus sont apparus sur mon écran. Des techniques, des histoires, des parcours et des manières de travailler que je n’aurais probablement jamais découverts autrement sont entrés, un peu, dans mon quotidien.
Et avec eux sont arrivées les conversations…
Beaucoup de conversations.
Certaines très courtes. D’autres beaucoup moins.
Il y eut des questions techniques, des demandes d’aide, des pages à construire, des projets à comprendre, des instruments à découvrir.
Et puis il y eut tout ce qui n’était pas prévu.
Un jour, à la suite de quelques messages échangés avec un luthier new-yorkais, j’ai découvert qu’avant de fabriquer des instruments, il avait été guitariste de jazz.
Quelque temps plus tard, un colis est arrivé à Nancy.
À l’intérieur, il y avait son disque.
Il avait traversé l’Atlantique simplement pour me remercier.
Je l’ai gardé.
Comme j’ai gardé beaucoup d’autres choses qui ne se trouvent dans aucune base de données.
Des histoires. Des visages. Des ateliers que je pourrais encore reconnaître aujourd’hui sur une simple photographie. Des noms croisés pendant des années. Des instruments dont j’ai suivi la naissance à plusieurs milliers de kilomètres. Des artisans dont j’ai fini par connaître le travail avant même de connaître la voix.
Et cette étrange impression, parfois, que la distance n’avait plus tellement d’importance.
Luthiers.com était un site Internet.
Mais derrière l’écran, il y avait du bois que l’on touchait, des cordes que l’on tendait, des outils que l’on usait, des mains qui recommençaient jusqu’à obtenir ce qu’elles cherchaient.
Il y avait surtout des femmes et des hommes qui avaient choisi de fabriquer ce que d’autres choisiraient un jour de jouer.
C’est peut-être cela que je voulais défendre depuis le début.
La place de l’artisan.
La possibilité, face à des productions fabriquées par milliers, de rencontrer celui ou celle qui en fabriquerait une.
Une seule.
Différente de toutes les autres.
Les années ont passé.
Le site a changé. De nouvelles idées sont apparues. D’autres ont disparu. J’ai essayé, recommencé, modifié, cherché encore comment provoquer cette rencontre qui était à l’origine de tout.
Jusqu’à imaginer un service qui ne demanderait plus seulement aux musiciens de chercher un luthier, mais permettrait aux luthiers de découvrir les projets des musiciens.
Et un jour… cela a fonctionné.
Quelque part, un projet a rencontré un artisan.
Exactement comme je l’avais imaginé plusieurs années auparavant.
Aujourd’hui, Luthiers.com arrive à son terme.
Je pourrais compter les pages créées, les comptes ouverts, les pays représentés, les abonnés ou les milliers de messages échangés depuis ce 18 juin 2020.
Mais les chiffres racontent assez mal ce genre d’histoire.
Une carte non plus, d’ailleurs.
Elle peut montrer des centaines de points répartis autour du monde.
Elle ne peut pas montrer les heures passées dans un atelier. Elle ne raconte pas celui qui cherche le morceau de bois qu’il avait mis de côté depuis des années. Elle ne dit rien de celui qui attend son premier instrument fait tout spécialement pour lui.
Elle ne montre pas les conversations, les enthousiasmes, les hésitations, les rencontres.
Et elle ne peut certainement pas expliquer ce que l’on garde de tout cela lorsque, un jour, les points commencent à disparaître.
Moi, je crois que je le sais.
Je garde le souvenir de tous ces ateliers dans lesquels je ne suis jamais entré. De toutes ces personnes que je n’ai, pour la plupart, jamais rencontrées. De toutes ces guitares que je n’ai jamais tenues entre mes mains.
Et pourtant, pendant toutes ces années, tout cela aura fait partie de ma vie.
Luthiers.com était né pour rapprocher deux mondes.
Ceux qui fabriquent des instruments.
Et ceux qui les cherchent.
Je pensais alors construire un endroit pour leur permettre de se rencontrer.
Je n’avais simplement pas prévu que l’une des personnes qui ferait autant de rencontres…
Ce serait moi.
À tous les luthiers, artisans, musiciens et passionnés croisés depuis le 18 juin 2020, pour vos instruments, pour vos histoires, pour vos savoir-faire, et, bien plus encore, pour le temps que vous m’avez accordé…
Merci.
Christophe
Trusted partners supporting the lutherie community.
Violin makers • Guitar luthiers • Classical guitar makers • Archtop builders • Double bass luthiers